Immobilier : ces pays européens menacés par la hausse des taux

Vu de France, où les prêts immobiliers sont consentis à taux fixe sur vingt ou trente ans, le système paraît fou. Cependant, il est très répandu. Un peu partout en Europe – mais c’est aussi vrai dans une grande partie du monde – les ménages contractent des hypothèques à des taux d’intérêt fluctuants. Avec le risque que leurs mensualités augmentent à mesure que les banques centrales remontent leurs taux directeurs.

Mais c’est précisément ce qui se passe avec le choc de l’inflation, qui se propage sur la planète depuis dix-huit mois. La Banque centrale européenne (BCE) a déjà relevé son taux directeur de -0,5% à 2,5% (et devait le porter à 3% jeudi 16 mars), la hausse la plus rapide depuis la création de la zone euro. Même chose dans les pays voisins, dont le Royaume-Uni, la Suède et l’Europe centrale.

Dans ce contexte, l’Europe est divisée en deux. La France, l’Allemagne et les Pays-Bas, qui fonctionnent essentiellement avec des taux fixes, sont relativement épargnés. Ce n’est pas le cas de la Grèce, du Portugal ou même de l’Espagne et de l’Italie, où “les ménages font face à la hausse du taux d’intérêt et donc de leurs remboursements et à l’augmentation du coût de la vie”explique Alessandro Pighi, analyste à l’agence de notation Fitch.

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Deux pays en particulier deviennent “les canaris dans la mine”, prévient Gilles Moëc, chef économiste chez Axa : Suède et Royaume-Uni. Dans une note, il constate avec inquiétude la vague de froid qui touche les secteurs immobiliers de ces deux pays, tous deux entrés en récession. “L’immobilier est souvent le premier signe négatif, et derrière, ça fait mal”, il a écrit. En Suède, les prix de la pierre, qui n’ont cessé d’augmenter, sont déjà en baisse de 12 % par rapport à leur pic. Au Royaume-Uni, la chute, depuis l’été 2022, est de 4 %.

La situation actuelle n’a cependant rien à voir avec la grande crise financière de 2008, lorsque l’immobilier a connu un krach mondial. “Au cours de la dernière décennie, les banques ont adhéré à des critères de prêt beaucoup plus stricts, avec une surveillance importante de la part des régulateurs, explique M. Pighi. De plus, pour avoir un vrai retournement, il faudrait une forte hausse du chômage. » Ce qui n’est pas le cas actuellement.

La situation n’en reste pas moins délicate dans de nombreux pays : augmentation des saisies en Grèce, ménages en difficulté en Espagne, bond des mensualités de 40% au Royaume-Uni… En Suède, pays qui se veut pourtant rigoureux financièrement, le le débat politique tourne même autour d’un éventuel moratoire sur le remboursement des hypothèques.

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